Notre séjour en Egypte

— 6 avril 2019 —
Au petit matin (8h00) , après avoir rassemblé nos affaires, préparé les valises et rangé la maison, la navette « Provoyages » vient nous chercher pour nous déposer à l’aéroport de Francfort en Allemagne. 2 petites heures de route, mais cela sonne déjà le début des vacances
L’impatience d’être en Egypte, dans notre hôtel, dans nos chambres… l’impatience de voir enfin les lieux qui seront les nôtre pour les 10 prochains jours
Durant tous ces mois, nous n’avions, pour rêver, que les photos de catalogues et des sites internet… mais l’instant T approche

Arrivés à l’aéroport, gros coup de stress pour Papi…. Mais où est donc passé son sac à dos ????
Zut Zut, Flute et reflute !!!  Il a été oublié à l’arrière de sa voiture resté garée devant la maison.
Même si, lors de notre départ, les bons sandwich au foie gras (qui n’attendaient qu’à être mangé) tentaient en vain de nous appeler et de nous faire des signes par la fenêtre, la destinée de ce sac à dos sera de rester à Kaltenhouse, bien au chaud sur le siège de la voiture
L’essentiel étant, bien entendu, que les papiers d’identité, indispensables pour pouvoir s’envoler, ne soient eux, pas restés dans la voiture !
Sacré papi !! Cette mésaventure nous fera sourire encore bien longtemps !!

C’est donc, plus léger d’un sac à dos, qu’on se dirige vers l’enregistrement pour le vol. 
Francfort, très, Très, Très grand aéroport… 
Il faut rejoindre le Hall A… on a été déposé est au Hall C. 
Alors, chargés comme des mulets, on longe les couloirs, on traverse un par un les Halls jusqu’à arriver à notre but, le Hall C. 
Ici, 2 longues, très longues files de personnes attendent.
On se glisse à l’arrière de l’une d’entres-elle, et on attend, avançant petit à petit. 
Les gens qui nous entourent sont tous détendus (normal, c’est le début des vacances pour tout monde).  
Enfin arrivés au guichet, on donne les papiers d’enregistrement à l’hôtesse.
Après avoir soigneusement collé l’étiquette « Destination Hurghada », nos valises s’en vont, sous nos yeux. C’est à ce moment précis qu’on croise les doigts : « pouvu qu’elles nous retrouveront bien là bas » … et on se marmonne tout bas… « ça va pas nous arriver à nous quand même »
Je reviens vite à la raison quand l’hôtesse me demande :
….. « Haben Sie über Ihre bildern nachgedacht ? »
Hein, quoi, pardon ?   des Photos ? … euh… ben….. non……. Nous PAS avoir de PHOTOS  !!!
On part en vacances il me semble… alors pourquoi avoir besoin de photos ???
et puis, nos têtes sont déjà sur nos cartes d’identités… alors à quoi bon ??
….. « Es is für Ihre Visum zu machen, wenn Sie in Agypten ankommen »
Ah ben zut, étape loupée, pas de photos sur nous…. pas de Visas….
Moi qui suis pourtant d’habitude si organisée !!
L’hôtesse nous indique gentillement que, DE L’AUTRE COTE DE L’AEROPORT (non, non… rien que ça!!), il y a … un photomaton !!
Et en me disant ça, elle regarde sur sa montre comme si elle savait déjà que ça allait être une course folle pour nous.
Mais c’est pas fini, après, il faudra revenir ici, car oui, c’est ici… là… juste à côté d’elle, que se trouve les portes pour embarquer…

Non, non, je n’ai pas dit mon dernier mot ! Je VEUX et je VAIS partir en vacances. 
Donc, c’est avec mon petit « troupeau » (et 1 sac à dos en moins ), que j’entame un petit pas de course en direction de « l’Autre côté de l’aéroport « 
« Attention…. Attention…. Chaud devant… Achtung Achtung…. « 
Mon petit troupeau, bien « groupiert », avance au petit pas de course. 
Au loin, je repère un Point Info (tient, il me sera peut-être utile, au cas où, si de « l’Autre côté de l’aéroport », le photomaton aurait lui aussi décidé de partir en vacances !!! (mais encore faudrait-il qu’il ai ses 2 photos…   un photomaton prit en photo…. la bonne blague)
Pas le temps de rêvasser… je continue mon petit pas de course, tout en regardant derrière moi… oui, super, mon petit troupeau est là, toujours bien discipliné !!
Et là, délivrance !!! une grosse boî-boîte blanche me sourie de loin, comme si elle avait suivi notre course folle depuis le début.
Je tire de rideau, m’installe sur le tabouret… et là….
la galère n’est pas encore finie…. TOUT est en Allemand. Je ne perds pas pied.
Je rassemble mes quelques connaissances scolaires qui remontent à loin et je clique ici… puis là… et encore là…. une fois ici…. et une fois là…
pas de lunettes, tête droite, pas de sourire, rester dans le cadre, regarder droit devant… (ça fait beaucoup tout ça, on est en vacances quand même)…
j’attends, je sourie, Cheeese…. Mais Non, faut pas de sourire !!!   
Ma tête s’affiche sur l’écran…..   non elle ne me plait pas, j’ai une tête horrible, mais je m’en fou, c’est juste pour un visa, un visa qui nous permettra de partir en vacances. 
Je clique sur OK, mes photos s’impriment.
Je recommence les manipulations 5 fois encore, 1 fois pour chaque membres de mon petit troupeau. 
Les photos s’impriment les unes après les autres, et le photomaton lui est merveilleusement heureux (sa tirelire vient de gonfler de 60 euros en 5 minutes). 
Photos en main, on reprend le chemin identique en sens inverse….
« attention, attention, chaud devant, achtung achtung…. »
Le point info sur ma droite… on est à mi-chemin…
Hall C, Hall B, Hall A…..
HOURRA, c’est gagné !!!
toujours avec 1 sac à dos en moins, mais avec des photos en plus… on se dirige vers notre porte d’embarquement.
Plus que quelques minutes avant d’embarquer. 
Une petite pensée aux bons sandwich au foie gras qui nous attendent toujours bien sagement sur le siège arrière de la voiture…. et qui auraient été un vrai régal maintenant.
Une petite pensée au photomaton qui, cloué sur place, ne pourra jamais prendre des vacances (là, je me dis qu’il a été fort sympathique de ne pas être tombé en panne justement aujourd’hui…)

Assise sur mon siège, Elza à ma gauche (côté hublot) et Tom côté couloir, nous avons 4h30 de temps à tuer. 
Au plafond, les petits écrans TV indique le trajet que nous prenons. On visualise l’avion qui avance doucement en passant pays par pays. 
Les hôtesses passent, repassent, encore et encore, toujours un grand sourire aux lèvres.  
Les ventes s’enchaînent... boissons, sandwich, repas, cigarette, alcool, objets divers… et à la fin, les hôtesses tirent le rideau et se cachent pour compter et calculer le montant total encaissé. 
C’est à ce moment que je me pose la question si le personnel de bord est payé à la commission…

Une petite partie de console avec Elza, un fou rire avec Tom, et voilà que nous entamons déjà doucement la descente
On entend les ceintures qui se bouclent de part et d’autres, mais nous 3, nous sommes agglutinés au hublot, à la recherche du paysage qui sera le nôtre pour 10 jours. 
Désert, sable, dune…. un peu plus loin, un village.
Maisons petites, architecture peu commune à nos yeux, et puis la mer.
Un contraste de bleu juste magnifique !!!

Puis c’est l’atterrissage.
L’impatience pour tout le monde. La folle envie de se lever, de se dégourdir les pieds, mais ce n’est pas encore possible.
L’avion entame doucement son entrée à l’aéroport. Autant, il vole vite, mais il roule doucement, trop doucement aux yeux des passagers, qui n’ont qu’une hâte, commencer leurs vacances.
On entend les portes qui s’ouvrent et doucement, on voit l’avant de l’avion se vider… 
C’est à nous. On suit gentillement les autres passagers. 
Premier check-point. Distribution des Visas, contre 30 euros par personne… 
Oups…. deuxième étape de loupée… 30 euros par personne, attendez voir que je calcul…. ça fait… euhhh… 180 euros !!! 
Waowww, même pas encore entré dans le pays, qu’on à, avec les photos, déjà dépensé 240 euros !!!!
Bienvenue en Egypte !!!

Visas en main (240 euros les 6 petits morceaux de papier, un peu cher à mon goût), valises récupérées (oui c’est bon, elles sont bien arrivées avec nous), on cherche notre transitaire.
FTI Touristik, le voilà….
Il nous annonce le bus 148. On y est… mais non, ce n’est finalement pas celui-ci. Il faut prendre le 246.
On part vers le 246, mais il nous rappelle… non non, il faut qu’on aille au 233… Bon c’est bientôt fini ce cirque ??
233, on est devant. Je m’assure que le chauffeur va bien en direction de Makadi, ce qu’il me confirme, donc on charge les valises, et on monte dans le bus. 
Le transitaire revient en courant… quoi encore ??? qu’est ce qu’il nous veut encore ??? c’est toujours pas le bon bus ??
Passeport / visas…
Je comprends pas trop pourquoi, mais le voilà en train d’étaler nos Cartes d’Identité sur le sol du bus, à les prendre en photo…
Bizarre, vraiment bizzare les gens ici !!
Je prends le temps de lever ma tête et je vois, d’autres bus, chargés et valises, et leur chauffeur dessus… c’est un gag… un vrai souk… pays de fou !!

Notre minibus démarre enfin, en trombe !!
J’avais calculé le trajet aéroport-hôtel, normalement 32 minutes
Je m’accroche, et demande à Elza et Tom de faire pareil. Notre transfert se transforme en rallye-safari !!
Des dos d’âne, ce n’est pas grave, on accélère. Le minibus saute… bonjour les amortisseurs…
Des virages, ce n’est pas grave, on fonce. Le minibus, au bord du 2 roues…
Des voitures qui arrivent en face, c’est pas grave, on double quand même.
On en rigole de surprise, mais on s’accroche… et on prie pour arriver entier à destination. 
23 minutes plus tard, débarquement, légèrement secoués, devant l’hôtel (9 minutes de moins quand même !! ). 
Ici, le chauffeur attend, main tendu (bakchich), et 3 autres hommes accourent vers nous pour prendre nos valises…

Réception de l’hôtel, bracelet All-Inclusive aux poignets, key-card des chambres, Towels-card (pour serviettes de piscine), et en route vers nos chambres… 
Un regard à droite, un à gauche. 
Le hall de l’hôtel, gigantesque. 
On devine l’extérieur, entre les palmiers. On cherche la piscine du regard, mais en entre dans un long couloir…
Quelques minutes de marche, et on s’arrête devant un ascenseur. 4ème étage… ah ben c’est cool, j’imagine qu’on aura une belle vue. 
Encore quelques minutes de marche et après avoir bifurqué à droite, puis à gauche… le bagagiste s’arrête… voici nos chambres. 
Les key-card ouvrent nos portes. Jolies chambres. On se précipite au balcon. Quelle jolie vue, même si la nuit commence à tomber. Piscine en premier plan, mer à l’arrière plan.  Les bâtiments de l’hôtel, le jardin, tout l’extérieur est vraiment décoré avec beaucoup de goût. J’y verrai bien plus clair demain matin. 
En attendant, petite douche, changement de vêtement, et en route vers le restaurant !!

Nos journées s’enchaînent, les unes après les autres, toutes semblables, sauf celle de notre excursion au Caire
Une journée riche en émotions… que je raconterai en détail juste après quelques photos de nos journées passées à l’Hôtel, le SERENITY FUN CITY.

— Entrée de l’Hôtel + Hall de réception —

— Les chambres —

— Restaurant —

— Extérieur du complexe —

Et en version… soirée, couché du soleil, quand le ciel se colore couleur désert… 

Et tous les soirs, avant d’aller manger, Elza et Tom pouvaient profiter du LunaPark gratuitement…

Mais revenons à nos journées. 
Rythmées entre le réveil, le petit déjeuné, l’aquapark, la pause apéro, l’encas du midi, les jeux, les animations, les toboggans, la plage…
Nos journées passaient à une vitesse grand V !!  En voici un petit pèle-mèle…  

Pour commencer, l’activité principale d’Elza et Tom durant les vacances : le fabuleux Aquapark !!!

Toujours à la piscine, mais en version « Apéro-time »…

Et en route vers la plage…

Le complexe étant relativement grand, une sorte de « tracteur » effectue la navette réception-plage tous les quarts d’heure.
Egyptien au volant, conduite Egyptienne oblige… attention, bien penser à s’accrocher !!

Petite lubie d’Elza durant les vacances… avoir des tresses africaines
60 euros pour un shampoing et quelques tresses. Ça fait un peu cher, mais bon, en tant que « portefeuille sur pattes », on s’y est habitué  !!
Près de 2 heures dans un simili salon de coiffure, pour au final les enlever précisément 4 jours après (pour cause de coup de soleil et croûtes se formant sur le cuir chevelu).
Alors, à deux avec Papa, on se lance dans 1 heure de détressage, tresse par tresse, mèche par mèche. Un bon shampoing, une couche de soin, et au final, la délivrance…
et 60 euros partis en fumé !!

Et encore quelques autres photos au cours de nos vacances…

Excursion au Caire

487 kms – 5h45 de route sans les pauses. Voilà ce que m’indique Mappy Itinéraire.
Mais en bus Égyptien, avec des check-point tous les 100kms… imaginez !

1 heure du matin précisément, après à peine quelques heures… ou minutes de sommeil, un mini-bus vient nous chercher. 
Ahmed, patron de l’agence locale choisie pour l’excursion, se tient lui-même devant nous pour nous expliquer le déroulement de cette « longue journée » qui nous attend. 
Le mini-bus récupère quelques autres personnes dans différents hôtels avant de tous nous déposer sur un parking pour changer de bus. 
Nous montons dans un grand bus, climatisé, bien plus confortable que le précédent. Un couple et une autre famille de Française s’installe près de nous, et à l’arrière, un groupe d’Anglais. Nous sommes donc en tout 11 français et 9 anglais.
Ahmed nous explique qu’une fois arrivés au Caire, nous chercherons 2 guides, l’un francophone, l’autre anglophone et nous serons séparés en 2 groupes. 
Cela semble bien correct, nous serons donc très peu pour les visites.  
Il est 1 heure 30, il fait nuit noire, tout le monde est endormi, les bâillements s’enchaînent. 
Chacun s’installe sommairement sur sa baquette et les ronflements commencent bien rapidement. 
En ce qui me concerne, impossible de dormir. N’arriverais-je donc jamais à dormir sans être couchée dans un lit ??!!
Je ferme les yeux, et attend, me repose, mais le temps semble bien long. 
A la lueur de la lune, je devine le paysage qui n’a pas l’air grandiose
Je guette l’heure, 2h45. Pourtant j’ai l’impression que 4 heures se sont déjà écoulées.
Dans les bus, allongé, Elza et Tom terminent leur nuit. Recouvert de gilets, ils dorment à point fermé.  
Je me retourne. Les yeux sont fermés, les bouches sont ouvertes.
Le temps passe, et les premiers rayons du jour percent. Il est 4h30. 
Je vois bien mieux le paysage, qui pour être honnête n’en est pas un. 
Du sable à perte de vue. Un simili désert semé de déchets. Aucun arbre, uniquement quelques broussailles, mais des amas de gravas et déchets.
Nous sommes dans le pays des célèbre pyramides, mais pour l’instant, les seules que je voie sont celles faites de cartons, plastiques, ferrailles et tout ce qui peut faire office de détritus et d’ordures. 

Un peu plus loin, un complexe hôtelier. Certes, pas un 5 étoiles vu qu’on dans la « pampa », mais une odeur nauséabonde se fait sentir. Je cherche à savoir d’où ça vient, et je constate que l’hôtel déverse ses égouts de l’autre coté de la route. 
Non mais c’est une blague ?
Je suis sidérée, consternée. Je me demande comment un pays comme celui-ci, qui possède pourtant un fabuleux trésor (la mer rouge), une culture hors du commun (l’Égypte antique, les pharaons, les monuments) peut à tel point négliger ses terres !!
Un manque de savoir vivre considérable !! 
Je pense alors à tous les efforts fournis par les des occidentaux envers la planète, à toutes ces formations que l’on suit mais qu’on connait déjà car ce n’est que du « bon sens », au tri de déchets (3 poubelles de différentes couleurs), à nos compost, au prix payé pour se séparer proprement de nos déchets, aux taxes payées par nos entreprises, à la transition énergétique, aux nouvelles réglementations mises continuellement en place par notre gouvernement (circulation alternée, vignette éco-taxe, amende pour déchets jetés… vraies pompes à fric) et je me dit qu’avant de nous faire CHIER avec toutes ces nouvelles réformes, ils devraient faire régner un minimum de loi dans ces pays !!! 
Mais à quoi bon m’agacer, je ne suis qu’un infime grain de sable dans ce monde de truands ! Allez, Vive la République, Vive la France !!! (on ira loin)
Je stoppe ici mes pensées qui ne font que m’énerver intérieurement. 
Je reprends la contemplation du paysage, en effaçant virtuellement tous ces déchets de ma vue. 
Un peu plus loin le bus stoppe. La route est barré. Un camion de fortune transportant des gravas à perdu son chargement. Les parois du camion ont laché. 
Les gravas se sont répandus intégralement sur la chaussée. 
Une pelleteuse et arrivée en renfort. Elle libère la voie en créant une pyramide sur le bas côté. J’imagine que cette pyramide fera dorénavant partie du paysage… personne ne reviendra ultérieurement pour la déplacer…
Après quelques minutes, tout le monde réveillé par la scène, on reprend la route. 

Il est près de 5h30. Le chauffeur ralenti et emprunte un sentier. Au bout, une 15aine d’autres bus sont garés. Tel une fourmilière, les touristes vont et viennent. 
On descend à notre tour, direction les toilettes. On traverse un simili restaurant bordé de bui-buis (petits magasins) attrapes-touristes. Une queue longue de 10 mètres pour les toilettes. Une fois à l’avant, un « monsieur pipi » demande 2 euros par personnes. Ouaw, 8 euros pour un petit pipi… ça fait cher. J’avais presque oublié que les touristes ne sont perçu que comme des « portefeuilles sur pattes »
Devant nous, un dame avec une enfant d’à peine 2 ans. La petite sait à peine marcher et porte encore une couche. Elle ne lui donne que 2 euros, et elle se fait refuser l’entrée des toilettes car elles sont 2. UNE HONTE !!! Pays de Voleur !! j’enrage intérieurement !!
C’est à notre tour, je n’ai qu’une envie, faire demi-tour et aller dehors et faire pipi au milieu de leur fabuleux décor déchecteux ! Mais mon savoir-vivre m’en empêche. C’est donc outrée et révoltée qu’on lui tend 8 euros (mais c’est plutôt mon poing que j’ai envie de lui tendre).
Pour 8 euros, on pourrait s’attendre à un endroit quasi-propre… mais qu’est-ce que la propreté pour les Égyptiens ? Je vous épargnerai la description des toilettes. On en ressort le plus rapidement possible et reprenons l’air frais du parking. 
On sort le petit-déjeuné que nous à soigneusement préparé l’hôtel, ce qui me change les esprits.
A peine quelques secondes qu’un égyptien nous rejoint cherchant à nous vendre un foulard pour turban. 8 euros pièce… Ouaw ça faire cher pour un morceau de tissus. Il voit vraisemblablement que je suis intéressée, mais qu’à ce prix là, il n’y arrivera pas. J’ai finalement pas besoin de négocier beaucoup, et j’obtiens les 2 pour 6 euros !! et pour ce prix, il nous montre même rapidement le façonnage du turban. J’avoue que même 2 minutes après, il m’est impossible de le refaire. Les tissus vont finalement servir de couverture à Elza et Tom dans le bus.

La route reprend. 
Il fait maintenant bien jour. 
Le paysage n’a pas changé. Je prends quelques photos en esquivant au mieux les détritus. Rares sont ces endroits.
On approche de la ville, on le sent. La circulation devient plus dense, et on remarque au loin l’épais nuage jaune-grisâtre de pollution.  
On est sur le périphérique du Caire.
Le périphérique, une route à 4 voies, soit 4 files de voitures… mais j’en voie 6, parfois même 7 côte à côte… et au final, je me demande bien à quoi servent ces lignes blanches  tracées au sol. 
Dans ce joyeux Bordel non-organisé, totalement anarchique, j’aperçois des choses allucinantes !!! 
Je prends vite mon téléphone pour immortaliser ce moment !!
Je sens qu’on va bien s’amuser !! Tout paraît fou. Je ne sais plus ou regarder… à droite, à gauche, devant, telle une spectatrice devant un show, j’ai les yeux rivés sur tout.
Au milieu des voitures « vintage » va-t-on dire, on aperçoit des charrettes, des ânes, des chameaux, des véhicules transportant 3 fois leur capacité, des camions-poubelle improvisés (parce que oui, j’ai l’impression que ça devait en être un) et des piétons… car oui, ici, peut importe la taille de la route, la vitesse à laquelle roulent les voitures, les piétons passent et traversent au péril de leur vie. 
J’ai même pu voir des jeunes en plein milieu du périph, aller de voies en voies pour jeter des prospectus dans les voitures aux fenêtres ouvertes. On peut vraiment parler ici de publicité ambulante, tel les fenêtres intempestives causées par les virus informatiques.
Ces jeunes sont-ils aussi considérés comme des virus aux yeux des égyptiens ? 
A cette folie urbaine s’ajoute bien évidement le son des klaxons, de partout, que ce soit pour avertir, pour pousser, pour saluer, ou même pour rien parfois ! Le klaxon est l’élément indispensable, l’option 1ère de la voiture d’un Cairote !!
Une autre chose m’interpelle à ce moment précis, c’est l’architecture des bâtiments. Entre la brume et la poussière, entre les déchets et les gravas, se dressent les habitations. 70% d’entre-elles ne sont même pas terminées. Il manque portes et fenêtres, le dernier étage laisse la ferraille apparente, et les façades pourtant neuves paraissent avoir déjà 30 ans. Les 30% restant, sont des habitations habitées, complètement délabrées et sans hygiène. 
Jusqu’ici, j’ai vécu l’un des moment les plus surréaliste de ma vie, et ce n’est pas encore fini. 
Le bus s’enfonce dans des ruelles étroites et sombres. Les premières bicoques du ghetto du Caire se pointent sous nos yeux. 
Comparables à de vrai taudis, elles seraient voués à destruction chez nous.
Ici, des enfants jouent en culottes et pieds nus. 8 heures du matin et ils sont déjà tout crasseux. A quand remonte leur dernière douche ? 
Au bord des fenêtres est étendu le linge « fraîchement lavé » pour un séchage poussiéreux à l’air pollué. 
Au pied des immeubles, des rassemblements d’hommes, parfois vêtu de leur robe traditionnelle.   
Rien de mieux que les images pour s’en rendre compte..

sur la route en direction du Caire :

les check-point rencontrés le long de la route :

Sur le périph : 

dès les 1ères secondes de la vidéo qui suit, on remarque bien le « respect » des lignes blanches, 
à 0.40 seconde, distribution de prospectus à l’arrachée,
en bruit de fond le concert de Klaxons

Quelques chargements et moyen de transport insolites… (désolée pour la qualité des photos, elles ont été prise avec le téléphone dans le bus en mouvement…)

Des bâtiments (des quartiers, des rues et des vues) à faire pâlir de jalousie :

des restaurants et commerces très attrayants : 

des voitures disons… « vintages »

quelques rares Égyptiens maniques 

la tenue traditionnelle du pays

et des déchêts à n’en plus finir….    

Après toutes ces photos qui font « peur », l’Egypte est quand même un pays riche en trésors

Arrivés au centre du Caire, nos 2 guides récupérés sur le chemin, nous sommes déposés sur un parking à 2 pas du musée. 
Une épaisse brume de pollution nous accueille. Billets d’entrée en poches, quelques rapides explications de notre guide Esma sur l’architecture du musée, puis place à quelques photos parmi la foule.  

Esma nous rappelle. Au petit pas de course, elle nous conduit vers l’intérieur du musée.
Au premier coup d’oeil, je suis plutôt surprise. Je ne m’attendais pas à un intérieur si peu « entretenu ». 
Un sol abîmé, des murs jaunis par le temps et marqués de nombreux impacts et tâches noires, des vitrines « authentiques », en bois, dont le vitrage est rayé.  
Les « trésors », tous appartenant à l’Egypte antique (principalement à Toutankhamon et Akhenathon) sont exposés sommairement, en vrac.Si le musée ne portait pas son nom, on aurait pu croire à une exposition de breloques et bijoux de fantaisie. 
Je comprends maintenant mieux pourquoi l’Egypte s’offre un nouveau musée (actuellement encore en construction) à 2 pas des pyramides.
En plus d’une présentation qui j’espère, sera bien plus séduisante, il n’y aura plus la nécessité de traverser tout le « bidonville ».
On déambule près d’1h30 dans les couloirs du musée.
Esma, passionnée par la culture et la civilisation Égyptienne, nous explique l’histoire de son pays sans oublier de nous raconter quelques anecdotes au passage.
Au petit pas de course, entre une épaisse foule, on se faufile de salles en salles.  Postés tour à tour devant une momie, plusieurs trésors antiques et finalement le célèbre masque de Toutankhamon, nous suivons attentivement notre guide attitrée.

Une fois la visite du musée terminée, on reprend le chemin de la sortie, sans oublier le passage obligé par la boutique, qui nous rappelle une fois de plus que nous sommes, nous touristes, perçus comme de simples « portefeuilles sur pattes« .
Une fois à l’extérieur, un soleil de plomb nous attend. Il fait terriblement chaud. Les places d’ombres sont prises d’assaut.
Quelques minutes d’attente et notre bus climatisé arrive. Il nous est possible de rejoindre le restaurant soit par une petite croisière sur le Nil (moyennant supplément bien entendu), soit par notre bus climatisé. Pour le confort des petits, on opte pour la seconde option (ce qui n’est pas pour me déplaire… je vais donc pouvoir continuer à voir toutes les choses invraisemblables de cette ville)
Une petite demi-heure de route de « stupéfaction totale », puis le bus s’arrête devant une péniche-restaurant « le Fish-Boat » où nous sommes attendus pour déjeuner.. 
A l’entrée, petite décoration. Un tapis de gazon synthétique, et surtout un accueil en danse et en musique, avec prise de pose obligatoire….  (ça sent la vente de la photo)    
Aujourd’hui, nous aurons donc la chance de déjeuner sur cette péniche, avec vue sur les rives du Nil
Buffet self-service inclus dans le forfait de notre excursion, mais boissons en extra, puis vient également le photographe nous présentant les portraits. Tarif 5€ la photo (ça va, je m’attendais à bien plus !!)


Vers 14h00, on quitte notre péniche.
A l’extérieur, on tombe sur un groupe de Cairotes (dont 1 garçon de l’âge d’Elza et Tom) soudant une sorte de moteur à même le sol.
Le petit garçon, sans chaussures, tee-shirt complètement troué, les mains et pieds noirs de cambouille, semblait pourtant bien heureux. 
Discrètement, je le montre à Elza et Tom, pour qu’ils se rendent compte de la pauvreté de certains pays.  
Interpellés ils s’arrêtent et le regarde un instant.
Une fois dans le bus, Tom me demande s’il n’a pas, lui, de jeux vidéo pour jouer….  « eh ben non mon chéri… certainement pas » !
Le groupe au complet, et toujours entourés de déchets de tout genre, on reprend la route en direction du plateau de Gizeh (les célèbres pyramides)
Quelques minutes à peine, et on les distingue déjà au loin.

Une fois déposés à leurs pieds, on marche en leur direction sous un cagnard de plomb.
Le moindre effort relève ici du supplice. Nous voilà tous arrêtés pour écouter les explications d’Esma (abritée par son parapluie). Les explications n’en finissent plus… non pas parce que cela n’est pas intéressant, mais à cause du soleil qui nous brûle la peau.
15 minutes plus tard, on se dirige au pied de Khéops, la plus grande d’entre-elles.
A ses pieds, on se sent vraiment tout petit.
C’est impressionnant ce que l’homme d’antan a réussit à bâtir sans l’aide de nos machines actuelles.
Nous avons la possibilité d’entrée à l’intérieur, mais ayant été informée des difficultés rencontrés pour y accéder, je préfère rester à l’extérieur.
Un seul courageux se lance, Papi, qui après une bonne dizaine de minutes en ressort complètement essoufflé.
Il nous explique avoir du se glisser à l’intérieur, une partie du trajet à genoux. A l’intérieur, pas un souffle d’air et une température à faire de l’acier.  
On s’accorde un petit moment de photographie, puis ravis, on rejoint le bus à la recherche de la fraîcheur.


Une fois assis dans le bus, ce dernier avance de quelques centaine de mètre, à l’endroit précis et très touristique du panorama des 3 pyramides.
Ici, entre étals de souvenirs, Elza s’offre un rapide tour en chameau.


Mais Esma nous rappelle à l’ordre, Timing à respecter… nous n’avons même plus le temps de faire un selfie tous ensemble !!! Le temps est compté, et cette course commence à me peser !!!
Une halte express au pied du sphinx, toujours au petit pas de course, 2 photos prises à l’arrachée, 2 babioles achetées avec Esma qui nous presse le pas, et vite vite on repart…

Quelques minutes de marche à peine et arrivé à notre dernière destination…
Et oui, comment y échapper,  la journée va se terminer dans une fabrique d’huiles et de parfums. 
Guidés à l’intérieur, nous voilà, tous ici, assis, bloqué à écouter le marchand dont la seule envie et de nous plumer….
Assise sur mon canapé, collante, poussiéreuse et sale, je n’ai qu’une envie, que ça se termine au plus vite et qu’on puisse rentrer !!
Je n’écoute plus rien de ce qu’il raconte, je guette juste désespérément la porte de sortie, comme si mon regard insistant me permettrai de sortir plus rapidement.
A-t-il remarqué que nous étions tous blasé par son discours ???
Au final, notre petit groupe n’aura dépensé aucun centime.  
Lessivés, nous remontons dans le bus.
Esma, qui attendait sagement assise à l’extérieur en compagnie d’une Égyptienne de la fabrique, vient nous saluer. Pour elle, ce moment sonne la fin de sa journée.
Pour nous, encore 6 heures de route
Il est 18h30, ce qui veut dire que nous n’arriverons sans doute pas avant 00h30 – 1h00.
On quitte le Caire, derniers instants de folie, dernières prises de vue hors du commun, puis on longe à nouveau cette longue route désertique parsemée de déchets et détritus de tous genres.

La fatigue se fait sentir. 
Dans le bus, tout le monde s’endort les uns après les autres.
Je prends mon coussin de voyage, le cale dans ma nuque et ferme les yeux.
Les minutes défilent, mais impossible de m’endormir. Je suis pourtant exténuée de cette si longue journée.
Tour à tour, je discute avec ceux qui se réveillent en chemin…
Il est un peu plus de 22h00.
Ziya est réveillé. Je n’en peu plus, il me vient des fous rires pour rien.
On se remémore la journée… impossible d’arrêter de rire. J’en pleure.La fatigue va me tuer !!  
Les minutes défilent… c’est les plus longues de ma vie !!  Une seconde vaut une minute, une minute vaut une heure !!!

L’hôtel est en vue. On arrive enfin péniblement après 1h30 du matin.
La douche, tant attendue (impossible à reporter), et puis direction DODO (même si la nuit sera courte) !!!

Le lendemain, journée de repos en prévision. On se lève tous un peu plus tard que d’habitude. On est encore légèrement sonné de la veille…
Il s’agissait d’une longue, très longue journée, mais vraiment, nous n’avons AUCUN regret.
Ces 6 heures de route en valent vraiment la peine.
Nous avons vu les Pyramide, nous avons pu les toucher et en gravir les premières rangées.

Durant notre séjour, nous avions prévu encore une autre excursion, faire un safari en Jeep dans le désert avec barbecue chez les bédouins et assister au couché du soleil…
Malheureusement, il nous sera impossible de la réaliser.
Tour à Tour, Elza et Tom tombent malade. Coup de chaud j’imagine ; état fébrile + légère température.
Le guide nous déconseille vivement la sortie car une fois dans le désert (dont la température atteint en ce moment 50 degrés) aucun médecin à moins de 3 heures de route…
On reste donc bien sagement à passer nos derniers jours dans notre complexe hôtelier, ou Elza et Tom rencontre 2 petites Françaises avec qui ils passent leurs journées.
Tels des adolescents, ils vont et viennent seuls dans le complexe. De piscine en piscine, de restaurant en restaurant, des jeux d’animation au Lunapark, ils mènent tranquillement leur petite vie.
Le jour de départ, dernier petit déjeuné ensemble, de gros câlins d’adieu, une fois à l’aéroport un petit clin d’œil au pays, et on s’envole pour le retour en France.


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